Ordo Domus Sancti Werzuli

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 L'impermanence

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werzutru
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MessageSujet: L'impermanence   Mar 12 Juin - 20:24

L'impermanence

"Il n'est place sur terre où la mort ne nous puisse trouver;
nous pouvons tourner sans cesse la teste ça et là comme en pays suspect...
En quelque manière qu'on se puisse mettre à l'abri des coups,
je ne suis pas homme qui y reculasse... Mais c'est folie d'y penser y arriver...

Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent, de mort nulles nouvelles.
Tout cela est beau.
Mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis,
les surprenant à l'improviste et sans défense, quels tourments, quels cris, quelle rage,
et quel désespoir les accable !...

Pour commencer à luy oster son plus grand avantage contre nous,
prenons voye toute contraire à la commune.
Ostons luy l'estrangeté, pratiquons-la, accoustumons-la,
n'ayant rien si souvent en la teste que la mort...
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout.
La préméditation de la mort est préméditation de la liberté...
Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte."


Montaigne

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Archange de Vaal
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MessageSujet: Re: L'impermanence   Dim 5 Aoû - 17:21




-Be absolute for death; either death or life
Shall thereby be the sweeter. Reason thus with life:
If I do lose thee, I do lose a thing
That none but fools would keep: a breath thou art,
Servile to all the skyey influences,
That dost this habitation, where thou keep'st,
Hourly afflict: merely, thou art death's fool;
For him thou labour'st by thy flight to shun
And yet runn'st toward him still. Thou art not noble;
For all the accommodations that thou bear'st
Are nursed by baseness. Thou'rt by no means valiant;
For thou dost fear the soft and tender fork
Of a poor worm. Thy best of rest is sleep,
And that thou oft provokest; yet grossly fear'st
Thy death, which is no more. Thou art not thyself;
For thou exist'st on many a thousand grains
That issue out of dust. Happy thou art not;
For what thou hast not, still thou strivest to get,
And what thou hast, forget'st. Thou art not certain;
For thy complexion shifts to strange effects,
After the moon. If thou art rich, thou'rt poor;
For, like an ass whose back with ingots bows,
Thou bear's thy heavy riches but a journey,
And death unloads thee. Friend hast thou none;
For thine own bowels, which do call thee sire,
The mere effusion of thy proper loins,
Do curse the gout, serpigo, and the rheum,
For ending thee no sooner. Thou hast nor youth nor age,
But, as it were, an after-dinner's sleep,
Dreaming on both; for all thy blessed youth
Becomes as aged, and doth beg the alms
Of palsied eld; and when thou art old and rich,
Thou hast neither heat, affection, limb, nor beauty,
To make thy riches pleasant. What's yet in this
That bears the name of life? Yet in this life
Lie hid moe thousand deaths: yet death we fear,
That makes these odds all even.



William Shakespeare, Measure for Measure, III, 1, Duke Vincentio to Claudio.




-Soyez résigné à la mort, et la mort et la vie vous en seront plus douces. Raisonnez ainsi avec la vie: Si je te perds, je perds une chose que seuls les fous tiennent à garder. Tu n'es qu'un souffle, asservi à toutes les influences de l'air qui délabre la maison que tu habites heure après heure. Tu es le jouet de la mort, puisque tu t'efforces sans cesse de la fuir et que tu cours toujours à sa rencontre. Tu n'es pas noble, car toutes les jouissances que tu enfantes ont la bassesse pour nourrice. Tu n'es pas vaillante, car tu redoutes l'aiguillon mol et fourchu d'un pauvre ver. Ton repos le meilleur, c'est le sommeil, et tu le provoques souvent; pourtant, tu crains bêtement ta mort, qui n'es pas autre chose. Tu n'es jamais toi-même car tu existes sur des milliers de grains infimes issus de la poussière. Heureuse, tu ne l'es pas, car ce que tu ne possèdes point, tu peines pour l'acquérir, mais ce que tu possèdes, tu l'oublies. Tu n'est pas constante, puisque ta nature subit d'étranges effets selon les phases de la lune.Si tu es riche, tu es pauvre, car car, comme un âne dont l'échine plie sous les lingots, tu ne portes tes pesantes richesses qu'un seul jour, puis la mort t'en décharge. D'amis, tu n'en a pas, et le fruit de tes propres entrailles, qui t'appelle << père >> (le plus pur de ton sang écoulé de tes propres reins), maudit la goutte, la lèpre et le catarrhe qui ne t'achèvent pas assez vite. Tu n'as ni jeunesse, ni vieillesse, et n'es pour ainsi dire qu'une sieste d'après-midi qui rêve un peu aux deux. Ta sainte jeunesse vieillit vite et mendie les aumônes de la caducité; et lorsque, enfin mûrie et opulente, ô vie, tu n'as plus ni chaleur, ni passion, ni force, ni beauté, pour jouir de tes trésors, que te reste-t-il donc qui puisse porter le nom de << vie >> ? Et dans cette vie s'embusquent mille autres morts encore !....Pourtant, nous redoutons la mort, qui nivelle tous ces comptes.



Traduction de Guy de Pourtalès.


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werzutru
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MessageSujet: Re: L'impermanence   Jeu 18 Oct - 21:36

Sombre présentation que voici, Archange

Ces tristes considération sur la Vie, ou plutôt la mort, me rappellent une lettre d’un philosophe de l’antique Terra :

Epicure a écrit:
Habitue-toi en second lieu à penser que la mort n'est rien pour nous, puisque le bien et le mal n'existent que dans la sensation. D'où il suit qu'une connaissance exacte de ce fait que la mort n'est rien pour nous permet de jouir de cette vie mortelle, en nous évitant d'y ajouter une idée de durée éternelle et en nous enlevant le regret de l'immortalité. Car il n'y a rien de redoutable dans la vie pour qui a compris qu'il n’y a rien de redoutable dans le fait de ne plus vivre. Celui qui déclare craindre la mort non pas parce qu'une fois venue elle est redoutable, mais parce qu'il est redoutable de l'attendre est donc un sot.
C'est sottise de s'affliger parce qu'on attend la mort, puisque c'est quelque chose qui, une fois venu, ne fait pas de mal. Ainsi donc, le plus effroyable de tous les maux, la mort, n'est rien pour nous, puisque tant que nous vivons, la mort n'existe pas. Et lorsque la mort est là, alors, nous ne sommes plus. La mort n'existe donc ni pour les vivants, ni pour les morts puisque pour les uns elle n'est pas, et que les autres ne sont plus. Mais la foule, tantôt craint la mort comme le pire des maux, tantôt la désire comme le terme des maux de la vie. Le sage ne craint pas la mort, la vie ne lui est pas un fardeau, et il ne croit pas que ce soit un mal de ne plus exister. De même que ce n'est pas l'abondance des mets, mais leur qualité qui nous plaît, de même, ce n'est pas la longueur de la vie, mais son charme qui nous plaît. Quant à ceux qui conseillent au jeune homme de bien vivre, et au vieillard de bien mourir, ce sont des naïfs, non seulement parce que la vie a du charme, même pour le vieillard, mais parce que le souci de bien vivre et le souci de bien mourir ne font qu'un. Bien plus naïf est encore celui qui prétend que ne pas naître est un bien et que la vie est un mal. Par exemple, celui qui dit : «Et quand on est né, franchir au plus tôt les portes de l'Hadès.»
Car si l'on dit cela avec conviction, pourquoi ne pas se suicider ? C'est une solution toujours facile à prendre, si on la désire si violemment. Et si l'on dit cela par plaisanterie, on se montre frivole sur une question qui ne l'est pas. Il faut donc se rappeler que l'avenir n'est ni à nous, ni tout à fait étranger à nous, en sorte que nous ne devons, ni l'attendre comme s'il devait arriver, ni désespérer comme s'il ne devait en aucune façon se produire.


J’estime pour ma part que nous ne devons pas considérer la mort comme une finalité. Oui, la mort n’est rien pour nous. La mort n'est dangereuse que dans l'idée que l'on s'en fait.

Au-delà de notre corps physique, limité par sa durée, nous vivons par nos idées.

Idées qui elles sont immortelles.

"NON POTERIS ORARE TERRENIS NEGOTIIS ET CURIS IMPLICATUS"
Tu ne pourras pas prier tant que tu seras emprisonné dans les affaires terrestres et les soucis du siècle!

Réfléchir en terme de temps est vain, la réflexion elle-même est immortelle.

L'Empire de l'Esprit vivra de sources et inspirations multiples. Passées et présentes.

_________________

Werzutru,

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MessageSujet: Re: L'impermanence   Dim 2 Déc - 23:24

Pourtant nul ne saurait, même en esprit, s'extraire du Temps, à moins d'être de l'essence des Seigneurs Ineffable, ce qui est refusé aux mortels.

De nombreux penseurs, depuis les sages anciens Saint Augustin et Ben Maimmon jusqu'à celui qui enseigna l'art des cartes et celui qui maitrisa les forces de noyau, n'ont-ils pas affirmé que le temps était une condition nécessaire et une aliénation insurmontable de la pensée humaine ? Le temps n'est-il pas par excellence la dimension dans laquelle se déploie la réflexion et, par conséquent, une dimension que la réflexion ne saurait, malgré toutes ses dénégations, transcender en aucune manière ?


Et quant à l'Empire de l'Esprit, hors celui du Souverain des Souverains, n'est-il pas inextricablement et irrémédiablement lié à l'Empire des Sens et de la Matière ?
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